Les intentions du gouvernement algérien à l’égard du « dossier» Djezzy se sont éclaircies davantage, après les déclarations faites ces derniers jours à la presse par le ministre de la Poste et des technologies de l’information et de la communication, Moussa Benhamadi.
Le feuilleton devrait connaître son épilogue dans quelques mois au plus tard, si l’on se fie aux «assurances» du ministre qui a donné l’impression, ce jeudi au Conseil de la nation, que les autorités algériennes veulent en finir une bonne fois pour toute, avec un conflit qui n’aura que trop duré et qui a même contribué à déprécier l’image de l’Algérie à l’étranger.
En l’espace d’une semaine, le ministre des PTIC est revenu deux fois sur le sujet, se permettant même d’éclaircir un peu plus l’attitude du gouvernement algérien sur le dossier. Le premier message délivré à cette occasion concerne la détermination de l’Etat algérien à racheter lui-même la filiale algérienne d’Orascom Télécom. Il s’agira donc, si cela se concrétisait, d’une opération de nationalisation de l’opérateur de téléphonie mobile.
Ce qui constitue tout de même, une «bizarrerie» dans le domaine des transactions financières et économiques dans le monde actuellement. Le cap est donc mis sur l’évaluation du patrimoine de l’opérateur, afin d’aller ensuite aux négociations proprement dites. Et Moussa Benhamadi, conscient apparemment de la sensibilité du dossier, est allé jusqu’à fixer un délai pour la remise des conclusions relatives à l’estimation.
D’après lui, l’évaluation du rachat de Djezzy doit être finalisée «avant la fin de l’année en cours». «Un comité a été installé au niveau du ministère des Finances pour étudier la question de l’évaluation du rachat de l’opérateur privé de téléphonie mobile Djezzy. Un bureau d’étude algérien est en train de travailler avec des bureaux d’études étrangers sur cette question.
Ils ont un délai avant la fin de l’année en cours», a-t-il expliqué. Il faut dire que le gouvernement ne perd visiblement pas de temps, puisque la commission d’évaluation a déjà entamé son travail. Le ministre a ajouté qu’une fois l’évaluation faite, le gouvernement à travers ledit comité entamera des négociations avec les responsables de Djezzy.
Harcelé sur le sujet par les journalistes, le ministre s’est gardé d’avancer une quelconque estimation du groupe en question préférant laisser le comité d’évaluation faire son travail. Mais, le ministre a surtout su éviter de tomber dans le piège de la polémique sur l’estimation du patrimoine d’Orascom Télécom Algérie. Car c’est surtout là que les négociations entre les deux parties risquent de devenir délicates. Chacune des deux parties à son idée de la manière de calculer le patrimoine en question.
«Le principe est qu’à partir du moment où l’on entre en discussions, chaque partie aura à prendre un conseiller pour pouvoir évaluer la valeur nominale de la société. A partir de ce moment-là, il y aura des débats pour définir la bonne valeur qui fera l’objet de la transaction, et la production des documents qui vont contractualiser la relation entre les deux parties», a avait expliqué à ce propos, il y’a quelques semaines le ministre des Finances, Karim Djoudi.
Les Egyptiens, sachant, qu’il n y’a pas d’autres portes de sorties pour le conflit, que d’aller dans le sens de la volonté de l’Algérie de prendre le contrôle d’OTA, essayent maintenant de peser de toutes leurs forces pour tirer au profit de la transaction, eux qui sont en bute à d’énormes difficultés financières.
Le parton du groupe égyptien Thamer El Mahdi avait d’ailleurs déclaré il y’a quelques mois qu’OTA a été valorisée à 7 milliards de dollars, se basant sur l’offre qui aurait été faite par l’opérateur sud-africain MTN, intéressé un temps par le reprise de la filiale algérienne d’OTH.
Mais, certains spécialistes du monde de la Finance estiment que le montant avancé est exagéré. Ils évaluent la valeur nominale du groupe en question autour de 3 à 4 milliards de dollars. C’est dire que la bataille ne fait que commencer sur ce terrain.