Les 217 députés de l’Assemblée constituante tunisienne doivent examiner mardi un texte de 26 articles, sous la forme d’une constitution minimale permettant la formation d’un gouvernement, l’organisation des pouvoirs publics qui permettra le démarrage effectif des institutions de l’Etat.
Un peu plus de 6 semaines après les élections du 23 octobre, la situation économique et sociale se dégrade de plus en plus, face à une colère dans les rues qui s’agrandit.
Alors qu’environ 300 personnes manifestent en silence en dehors de l’assemblée, les députés ont mis plus d’une heure après le début de la séance pour commencer le vif du sujet. "Le peuple en a marre d'attendre! Commençons à travailler, assez d'atermoiements", a lancé un député du parti islamiste Ennahda peu après le début de la séance.
Maya Jribi, à la tête Parti démocrate progressiste (PDP), a mis en garde contre les risques d'explosion sociale et la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays engendrés par ce retard. L’alerte a déjà été lancée par la Banque Centrale Tunisienne, qui prévoit un taux de croissance nulle au meilleur des cas en 2011et un taux de chômage de plus de 18 %.
Après la « démission » du gouvernement Essebsi qui n’est plus en charge que des affaires en cours, l’élection du président de la République et la formation d’un gouvernement sont plus que jamais cruciales, mais avant il faudra adopter une constitution qui définit les tâche de chacun.
Le projet du texte a été élaboré par une commission formée par trois vainqueurs du scrutin, les islamistes d'Ennahda et les deux partis de gauche CPR (Congrès pour la République) et Ettakatol. La présidence doit normalement revenir à Moncef Marzouki, dirigeant du CPR, et le gouvernement à Hamadi Jebali d'Ennahda.
Des personnes en chômage en sit-in devant l’Assemblée ont affirmé avoir marre d’attendre, peu importe pour eux qui aura sa part « du gâteau », l’essentiel pour eux, c’est de travailler.
Certains députés ont dit être conscients de l'urgence de la situation, et de la tension dans la rue et le pays, et qu’il faut donner un coup de fouet au processus.