Tunisie : le «pays le plus stable du Maghreb» selon la France

Plusieurs ministres laissent croire que des hommes de main du Rassemblement constitutionnel démocratique, interdit de toutes activités depuis dimanche en attendant une dissolution programmée par voie de justice, «complotent» contre la révolution.

La Tunisie, le «pays le plus stable du Maghreb» selon la France, dixit un câble de WikiLeaks révélé hier par «20 Minutes.fr.», un site d’information, est confrontée à des dangers.

«Il y a des personnes qui veulent faire revenir la Tunisie en arrière, reconnaît le Premier ministre Mohammed Ghannouchi après avoir obtenu «des pouvoirs spéciaux nécessaires pour permettre à l’exécutif de relever les défis auxquels il est confronté».

Signes de la persistance de la tension et de la contestation d’abord à Tunis puis dans tout le pays : l’assassinat de six Tunisiens après le limogeage de 42 responsables de la police, l’arrestation en flagrant délit de policiers restés fidèles à Rafik Belhaj Kacem, l’ex-ministre de l’Intérieur, mis en garde à vue depuis l’entrée sur scène de l’armée à chaque poussée de fièvre, pour rétablir l’ordre. Comme à Kasserine (centre), au Kef (nord-ouest) ou Gafsa (centre sud). La raison ? Les policiers en proie à des désertions en série, sont invisibles. Même si l’Intérieur les presse de reprendre leur mission s’ils ne veulent pas être jugés pour «abandon de poste».

Plusieurs ministres laissent croire que des hommes de main du Rassemblement constitutionnel démocratique, interdit de toutes activités depuis dimanche en attendant une dissolution programmée par voie de justice, «complotent» contre la révolution. Comme pour «sauver» la révolution, l’armée, la «garante de la Révolution», qui sait que ses 45.000 hommes ne pourront pas faire le poids devant les 100.000 hommes des forces de sécurité et de police de Ben Ali, décrète la mobilisation.

Les réservistes partis à la retraite entre 2006 et 2010 et les conscrits de «fin 2008 et tout 2009» doivent, selon un communiqué de la Défense, se présenter «dans les centres régionaux de conscription et de mobilisation les plus proches de leurs lieux de résidence» à partir du 16 février.

Ghannouchi qui passera aujourd’hui devant le Sénat pour obtenir pour le président Mebazaa un «feu vert» pour la promulgation de décrets-lois, sait que le temps lui est compté aussi économiquement. Néjib Chebbi, son ministre du Développement régional, évalue le manque à gagner à 5 milliards de dinars (2,58 milliards d’euros). De retour de Tunis, des députés européens ont appelé hier à Bruxelles à une conférence de donateurs qui permettra de «mettre en place une division du travail entre l’UE, les Nations unies, le Conseil de l’Europe.

Selon la présidente de la sous-commission du Parlement aux droits de l’homme, la Finlandaise Heidi Hautala, cette «aide», en particulier pour la tenue d’élections libres, doit être coordonnée».

Horizons