Il y a un an, en Egypte, l'actrice marocaine Sanaa Akroud est apparue à l'affiche du film "Sheherazade, tell me a story" (Ehky ya Shahrazad), du réalisateur égyptien Yousry Nasrallah, aux côté des acteurs Mona Zakki, Hassan El Raddad et Sawsan Badr.
Ce film, qualifié d'osé, voire d'indécent, avait déclenché une polémique en Egypte parce que contenant des scènes réservées aux adultes. Au Maroc, le public n'en a vu que la bande annonce et des séquences piratées sur le Net. Ce n'est que lors de la 9eme édition du Festival international du film de Marrakech que la première projection a eu lieu.
"Je suis fan de Sanaa, sauf que dans ce dernier film, elle est allée un peu loin: des baisers, des jambes nues...", "Elle commence à prendre une mauvaise direction, je ne sais pas ce que sa famille pense d'elle", "Cette fille a conquis les coeurs des gens par ses films purs marocains, maintenant elle dépasse les limites!", "Elle veut chercher sa place en Egypte, ne se respecte plus et vend son corps à la télé !"...
Autant de remarques déplacées et d'insultes obtuses sont apparues sur différents forums autour de l'actrice marocaine. Sanaa Akroud ne se détache pas de sa culture marocaine ni de ses principes. Elle a tout simplement réussi à travailler avec le réalisateur le plus adulé en Egypte, non pour faire des scènes d'amour, mais pour son talent d'actrice.
Ehky Ya Shahrazad est un film controversé qui parle de la question très délicate du rôle des femmes dans la société égyptienne.
L'histoire se déroule au Caire, de nos jours, Hebba (Mona Zakki) est une animatrice de télévision et présente une émission politique à succès. Karim, son mari, rédacteur en chef adjoint d'un journal appartenant au gouvernement, ambitionne d'en devenir le rédacteur en chef.
Les pontes du parti au pouvoir le persuadent que les discours répétés de sa femme leur font du tort et mettent ainsi en péril sa promotion.
En parallèle, Nahid (Sanaa Akroud), est une jeune femme qui désire avoir une situation stable, mais s'étant rendu compte que son mari est un escroc, elle veut se venger. C'est ainsi qu'elle se présente à l'émission de Hebba. Tout ce qu'elle veut est de ne plus vivre dans le mensonge, être libre.
Dans la vraie vie, Sanaa Akroud tient aussi à cette liberté. Car avant même la sortie du film au Maroc, le public a porté un mauvais jugement sur elle à cause de scènes dites "indécentes".
"Je trouve dommage que les gens jugent un film sans même l'avoir vu, ou à cause des scènes d'amour qu'il contient. Quand il a été projeté à Marrakech, beaucoup ont apprécié l'oeuvre et m'ont félicitée. Je suis ouverte à toutes les critiques à condition qu'elles concernent l'oeuvre et le jeu des acteurs."
A 31 ans, l'actrice marocaine a réalisé un joli parcours, applaudi par les Marocains. A travers "Sheherazade, tell me a story", Sanaa Akroud a vécu une expérience exceptionnelle avec le réalisateur égyptien Yousry Nasrallah. "Je suis fière d'avoir travaillé avec lui, c'est un grand homme et un excellent réalisateur. J'ai senti le plaisir du métier quand j'ai travaillé avec toute l'équipe du film. J'ai aussi vu à quel point les Egyptiens détiennent l'histoire du cinéma arabe, discipliné et professionnel.
Chaque année, ils produisent des centaines de productions télévisuelles. J'éspère voir cela un jour au Maroc."
Malgré ce que l'on peut croire, l'actrice marocaine ne compte pas s'installer en Egypte. "Ce n'est pas parce que j'ai tourné un film égyptien que je vais quitter mon pays. Je suis avant tout une actrice marocaine. Je suis libre d'interpréter différents rôle, dans des pays différents, c'est mon travail et ma passion."
Pour ses prochains projets, l'actrice sélectionne soigneusement les scénarios: "Je reçois beaucoup de propositions et je suis très souvent déçue.
Je viens de présenter un projet de film pour la télé. Il s'intitule "Les cinq saisons". Mon but n'est pas vraiment de devenir réalisatrice, mais de pouvoir satisfaire mes envies de scénarios, c'est juste pour le plaisir de jouer. Rien ne pourra m'empêcher de jouer mes propres rêves ..."