Les Chipolopolos peuvent enfin accrocher une étoile sur leur maillot, symbolisant pour l’éternité cette coupe derrière laquelle ils ont couru pendant près d’un demi-siècle. La Zambie a eu le dernier mot sur la Côte d’Ivoire au terme d'une rencontre fermée et d'une séance de tirs au but irrespirable (0-0, 8 tab à 7).
Depuis le début du tournoi, tout semblait bien se dessiner pour les Ivoiriens qui balaient tout sur le passage avec une aisance pourtant soupçonnée et même louée partout. La Zambie, séduisante par son jeu huilé et sans tambour ni trompette, se présente en outsider qui laisse présager une belle finale.
L’Afrique orientale défie l’Afrique Occidentale pourtant légèrement avantagée. Du moins sur le papier. Mais le rouleau compresseur « orange » pouvait aussi « caler » contre les « boulets de feu » (appellation des zambiens). Et puis, l »la Zambie n’a peur de personne », avertissait son entraîneur. Après tout, tout est possible en football. La Zambie y croit.
Elle est sereine et joue décontracté pour avoir atteint ses objectifs de départs (les demi-finales). La Côte d’Ivoire est plus sous pression. Elle doit entonner la gamme la plus difficile, mais aussi la plus importante et de la manière la plus parfaite pour redonner le sourire au peuple en souffrance et aider à la réconciliation. La chance semble être du côté des ivoiriens lorsqu’à la 70e minute Gervinho se fait bousculer en pleine surface. L’arbitre sénégalais Barada Sarr désigne le point pénalty et à Drogba en bon capitaine de montre la voie aux siens comme en quart de finale.
Seulement le syndrome de Gyan encore présent dans tous les esprits et ne rate pas le capitaine ivoirien qui envoie le ballon dans le décor. La chance ne se représentera plus. Au contraire, ce sont les zambiens qui auront la meilleure occasion durant les prolongations. La Zambie donne du fil à retordre aux hommes de François Zahoui.
La Côte d’Ivoire n’encaisse pas et croît rééditer l’exploit des Camerounais en 2002, eux qui n’avaient encaissé aucun but. Mais Hervé Renard lui priait pour un autre scénario en annonçant avant le match qu’" il est possible de perdre une CAN avec la meilleure équipe et la meilleure défense. Il est possible de perdre une CAN sans prendre de but ".Au terme des 120 minutes de jeu les deux équipes sont à égalité (0-0) et doivent procéder aux tirs au but pour se départager.
Les tirs au but feront la décision. Tour à tour, Bamba, Kolo Touré et Gervinho vont rater leurs tentatives. Les deux premiers auront une nouvelle chance (tentative à reprendre pour Bamba, échec zambien pour Kolo). Sunzu ne laissera pas passer la troisième occasion. En battant Barry, il offre le premier titre à la Zambie.