Le chantier du tramway d’Oran, à hauteur du boulevard Houha (ex-Mascara), est squatté depuis quelques jours par plusieurs marchands ambulants qui accostent leur clientèle juste au niveau du passage aménagé pour les piétons. Ces commerçants informels ont trouvé dans cette aire, le meilleur endroit pour exercer leur activité plus à l’aise, après avoir occupé des espaces très réduits dans la ruelle jouxtant la minoterie.
Le plus inquiétant dans cette pratique qui tend à se généraliser, est le fait que les clients effectuent leurs achats dans des conditions d’hygiène lamentables et dans un espace très insalubre. L’activité commerciale à M’dina J’dida, s’est tellement dégradée depuis quelques années, à telle enseigne que l’espace est devenu insuffisant et ce sont les «ferachas» et autres revendeurs à la sauvette, qui investissent les limites du quartier, avant d’aller s’installer au-delà, comme c’est le cas du côté de Saint Antoine, au boulevard Houha ou encore à la rue Ghaouti Abdelkader, jusqu’aux abords de la cité Dar El Hayat et l’esplanade du Palais des sports Hammou Boutlélis. Pour les habitants du quartier, du moins ce qui en reste, étant donné qu’il est en train de se vider de sa population au profit des commerces, cette situation est engendrée par un laisser-aller total de la part des responsables locaux qui se sont retrouvés de nos jours devant une situation ingérable, en raison de l’absence de solutions fiables. Un seul indice suffit pour se rendre à l’évidence: comment faire pour évacuer la population en cas d’urgence ? Une question à laquelle les meilleurs concepteurs de plans ORSEC ne pourront y répondre.
Toutes les rues et ruelles sont devenues impénétrables et les riverains soutiennent que pour transférer des cas urgents ou en cas de funérailles, il est pratiquement impossible de se frayer un chemin au milieu de toute cette foule de revendeurs ambulants, de clients ou encore de simples curieux. Et ce n’est que vers 19 heures, que le calme revient après une journée bruyante. A cela s’ajoute une circulation dense surtout aux abords du quartier notamment l’esplanade de l’Indépendance, les rues Ghaouti Abdelkader et Maamar Djebbour, le boulevard Zabana et surtout le boulevard Houha Mohamed, situé sur le tracé du tramway. Au niveau de ces artères, le stationnement est un véritable problème, aussi bien pour les simples citoyens que pour les commerçants confrontés à des problèmes lors du chargement et déchargement de marchandises. Cette situation nous amène à reposer la question de savoir où en est-t-on avec le projet du parking à étages prévu sur les ruines de l’ancienne minoterie ? Ce parking devrait une fois ouvert, contenir près de 500 véhicules, mais les travaux semblent perdurer en dépit de besoins pressants. Après l’achèvement des travaux, s’ils verront le jour, la question de son mode de gestion sera une autre paire de manches. En clair, sa mise en service ne sera pas pour demain, alors qu’entre-temps, c’est tout le quartier qui continue d’être asphyxié. Si durant les vacances scolaires, les parents des quelques élèves qui fréquentent les deux écoles Pasteur sont plus ou moins tranquilles, pendant l’année scolaire, leur inquiétude est grande, au point où certains habitants du quartier avancent que les deux écoles sont appelées à disparaître, en raison d’abord de leur vétusté, ensuite de la diminution de la population scolarisée.
H. Badaoui
Echo-d'oran