Face à une pénurie frappante en termes de médecins, surtout dans les urgences où la priorité devrait être de mise. Un grand nombre de médecins étrangers comblent le vide, avec l’art et la manière.
Pourtant, ces médecins ayant des diplômes de pays hors UE souffrent des conditions lamentables de leur recrutement. Ils sont payés très au-dessous de la moyenne comparés à leurs confrères de l’Union Européenne, travaillent plus d’heures que ces derniers, inscrits sous un statut précaire de « praticiens associés » et sont sujets de contraintes lamentables au point de penser au « suicide » pour certains d’entre eux.
Une telle situation alarmante les a poussés à s’organiser au sein du « Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne » et à commencer leur lutte en vue d’obtenir la totalité de leur droit que cela soit en termes de statut, de rémunération qu’en heures de travail.
Pour ce faire, ils ont mené un sit-in hier devant le bâtiment du ministère de la santé, et envisagent de poursuivre leur combat jusqu’à gain de cause. « Praticiens pas chers, statuts précaires », « on n’est pas des bouche-trous », tels sont les cris qu’ils scandent en espérant qu’ils seront entendus par les responsables du secteur.
Leur apport incontestablement indispensable vis-à-vis des malades français est reconnu par le particulier comme le publique. Leur cause est désormais soutenue par plusieurs associations et organismes du secteur. A titre d’exemple, l’AMUF, syndicat de médecins urgentistes, a exprimé son soutien inconditionné pour cette catégorie de médecins tout en admettant qu’ils ont en charge « les spécialités et travaux les plus difficiles ».
Nabil KOUIFI