Suite à la libération de quatre terroristes de l'AQMI par Bamako : Alger rappelle son ambassadeur du Mali

Le Mali, une fois de plus, affiche sa connivence avec les groupes terroristes. En faisant fi de la Convention bilatérale de coopération judiciaire, signée entre l’Algérie et le Mali, et au nom de laquelle la demande d’extradition des deux ressortissants algériens, poursuivis par la justice algérienne pour des actes terroristes, Bamako a procédé à la libération des ces terroristes pour satisfaire les exigences de la branche de l’organisation terroriste, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui active dans la région. Le Mali a connu des précédents sur le même registre en versant des rançons aux groupes terroristes pour la libération des otages.

Le paiement de rançons encourage les terroristes qui trouvent dans la prise d’otages une pratique très lucrative de laquelle Bamako tire profit.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait voté, dans le cadre de la lutte internationale, la résolution 1904 criminalisant le paiement de la rançon aux groupes terroristes, en contrepartie d’une libération d’otages. La diplomatie algérienne a triomphé en voyant son projet adopté par le Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Algérie qui subit les affres du terrorisme continue toujours à oeuvrer pour la sécurité de la région du Sahel. L’Algérie avait, à maintes fois, clarifié sa position par rapport à ce sujet. En déplorant la surmédiatisation de la question du Sahel, l’Algérie estime que «les gouvernements des pays de la région ont les capacités et les moyens de résoudre ce problème entre eux».

Des initiatives ont été prises et des efforts ont été déployés par Alger pour convaincre les belligérants (les Touareg du Mali et le gouvernement de Bamako de s’asseoir autour de la même table pour discuter d’une solution définitive et globale au conflit. Ainsi, un traité, entre les deux parties, a été signé en 2006.

Malheureusement, les Accords d’Alger n’ont pas été respectés par Bamako et les cadres dirigeants des Touareg maliens, affiliés à l’Alliance du 23 mai pour le changement qui se sont réunis en janvier dernier à Alger pour le réactiver ont unanimement accusé le gouvernement malien de travailler avec les groupes terroristes activant dans la région.

Et la libération par Bamako des quatre terroristes de l’Aqmi vient confirmer ces accusations des Touareg du Mali. Alger qui a déployé des efforts, au niveau régional et international, en vue de venir à bout du terrorisme dans la région a été irritée par la décision du gouvernement malien.

La réaction de l’Algérie ne s’est pas faite attendre. Elle a décidé de rappeler pour consultation son ambassadeur à Bamako en réaction à «la décision du gouvernement malien de procéder à la libération de quatre terroristes qu’il détenait sous le prétexte fallacieux qu’ils ont été jugés et ont purgé leur peine», indique, hier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans une déclaration.

Le gouvernement algérien poursuit le porte parole du MAE «condamne et dénonce avec force cette attitude inamicale du gouvernement malien qui a fait fi de la Convention bilatérale de coopération judiciaire, signée par les deux pays ».

«Le gouvernement algérien souligne que la décision du gouvernement malien viole les résolutions pertinentes et contraignantes du Conseil de sécurité des Nations unies et les engagements bilatéraux, régionaux et internationaux de lutte contre le terrorisme», souligne le porte-parole du MAE.

Le gouvernement algérien rappelle que la décision du gouvernement malien de libérer des terroristes recherchés par des pays voisins est «un développement dangereux pour la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne et sert, objectivement, les intérêts du groupe terroriste activant dans la région sous la bannière d’Al Qaïda».

Le porte-parole indique, en outre, que le ministère des Affaires étrangères, «au regard de ces développements dangereux pour la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne, a convoqué l’ambassadeur du Mali à Alger pour lui demander des explications sur cette décision du gouvernement malien».

Hacène Nait Amara

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