Le service est tellement sollicité qu'il ne peut plus programmer de malades avant avril prochain. D'ici là, combien de cancéreux auront résisté aux conséquences de leurs tumeurs sans les soins par radiothérapie ?
Le service de radiothérapie du centre Pierre et Marie Curie, CPMC, est saturé depuis déjà quelques jours. On y peut plus accueillir le moindre nouveau malade n’ayant pas pris son rendez-vous avant le mois d’août.
Le service affiche complet jusqu’à… avril 2011. «En raison de la saturation du service (RDV de traitement 1 an), nous ne recevrons plus de RDV jusqu’à normalisation», est-il expliqué dans des affiches placardées sur les vitres de la loge de réception de ce service.
Les malades du CPMC sont désormais orientés vers les 3 centres anticancéreux régionaux, Blida, Constantine et Oran – celui d’Aïn Naâdja étant un hôpital militaire. Les trois centres en question n’ont plus la capacité d’accueillir le nombre de plus en plus élevé des cancéreux diagnostiqués au niveau national.
Plus de 40 000 cas, dont 9 000 cancers du sein, sont dépistés chaque année en Algérie, selon de récentes statistiques. Malheureux sont donc les cancéreux ayant subi leur chimiothérapie après les rudes épreuves des premiers soins.
L’étape de chimiothérapie doit être suivie, le plus tôt possible, par la radiothérapie. Le cancer étant une pathologie extrêmement difficile, le patient doit être pris en charge dès la détection de sa maladie. Dans le cas contraire, il récidivera même après avoir franchi plusieurs étapes de soins.
Il suffit d’une rupture de prise de médicaments ou de son retardement, et/ou du manque de suivi médical en général, pour voir le malade rechuter et souvent mourir à cause de l’incapacité des services hospitaliers à le sauver. Les spécialistes en cancérologie ne ratent aucune occasion pour soulever ce problème pénalisant à la fois les malades, leurs parents et le corps médical.
Ils ont toujours plaidé pour la dotation des services d’oncologie des hôpitaux algériens en matériel sophistiqué de radiothérapie. Actuellement, l’Algérie dispose seulement de 5 centres anticancéreux. Les 17 nouveaux centres, dont les travaux de réalisation sont lancés depuis 2001, tardent encore à voir le jour. Leur réception n’est pas pour demain.
A ce manque de centres et de services, vient s’ajouter, hélas ! le problème récurrent de rupture de médicaments. Les promesses du ministre de tutelle pour remédier à cette situation ne sont pas tenues jusqu’à présent. En dépit des tonnes (plus de 14) de médicaments importés récemment, à coups de milliards, plus de 25 anticancéreux font encore défaut au CPMC de Mustapha, selon une source crédible.
La situation est qualifiée des «plus catastrophiques ». Le manque de ces molécules a été déclaré depuis plus de 5 mois. Le département de M. Djamel Ould-Abbès, qui s’est engagé à «importer progressivement» tous les médicaments manquant dans les hôpitaux, honorera-t-il son engagement dans les jours à venir.
Farid Abdeladim_Le Jeune Indépendant