Elections Tunisiennes : Les premiers résultats prédisent la victoire du "parti islamiste Ennahda"

Il a fallu attendre neuf mois pour voir aboutir les premières élections post révolution en tunisie. C’est près de 7 millions de tunisiens qui étaient appelés à voter pour composer l’assemblée constituante qui sera chargée de la rédaction d’une nouvelle constitution et de la désignation d’un gouvernement.

Le scrutin, contrôlé par une mission d’observateurs de l’Union Européenne, s’est déroulé de façon « transparente » dans l’ensemble malgré quelques « irrégularités ». Les résultats définitifs sont attendus ce mardi mais on sait déjà que le « parti islamiste Ennahda » sort vainqueur puisque la commission électorale indépendante lui attribuait 60 sièges sur 217 dans les résultats provisoires du lundi soir. Il aurait même gagné la moitié des sièges réservés aux ressortissants tunisiens vivant à l’étranger.

Dans ces conditions, le parti « Ennahda » peut dores et déjà commencer ses tractations politiques pour asseoir sa majorité. Dans ce sens, le « parti islamiste » semble vouloir rassurer la société civile tunisienne en cherchant à former un gouvernement d’union nationale avec les partis de gauche. Les deux formations pressenties pour cette coalition avec Ennahda sont le congrès pour la république (CPR) qui est sorti second avec environ 15% des suffrages et le mouvement Ettakatol.

Les deux leaders du CPR et de « Ennahda », Moncef Marzouki et Rached Ghannouchi, deux opposants farouches à Ben Ali, se connaissent bien puisque le premier a accueilli le second à bras ouvert après son retour en Tunisie d’un exil de vingt ans.

Quand au mouvement « Ettakatol » de « Ben Jaafar », il avait précisé son souhait de faire parti d’un gouvernement d’union national avant même la tenue des élections.

Malgré sa victoire, le parti islamiste ne gouvernera donc vraisemblablement pas seul pour rassurer à la fois une société fortement sécularisée mais également les investisseurs étrangers. En ce sens, « Ennahda » souhaite ressembler au modèle du « parti islamiste » turc.

Le nouveau gouvernement tunisien devra redresser une économie fortement pénalisée par les événements qu’a connu le pays avec une croissance nulle ou négative, un tourisme en net recul et un taux de chômage tout juste inférieur à 20%.