Cette rencontre contre l’Egypte, qui devient, par la force des choses, un classique à l’échelle africaine, de par l’engouement qu’il suscite et la rivalité entre les deux pays, risque d’être très difficile à négocier pour les Verts mais, surtout, pour les Pharaons.
Coté égyptien, après avoir été éliminé de la Coupe du Monde par cette équipe algérienne, une défaite serait dramatique. Quand on est double champion en titre, seule la victoire est belle, une élimination en demi-finale serait perçue comme une régression et, si le bourreau s’appelait l’Algérie, un peu, aussi, comme une petite humiliation.
Revancharde et gonflée à bloc, ce ne sera sans doute pas l’Egypte arrogante des qualifications, celle, sûre d’elle, qui pensait arracher son ticket chez elle puis à Khartoum. Si, depuis le 18 novembre, l’Algérie vit sur son nuage, l’Egypte n’a qu’une envie, laver l’affront, en remportant une CAN et, plus sûrement, en affrontant à nouveau les Fennecs.
Du côté algérien, trois objectifs ont été déjà atteints : le retour à la CAN après 6 ans d’absence, le retour en Coupe du Monde après 24 ans et une qualification pour une demi-finale continentale après 20 ans.
Mais l’appétit vient en mangeant et cette EN n’a absolument rien à perdre.
L’Egypte n’est pas seulement favorite, elle est l’archi-favorite de cette CAN, invaincue depuis 17 matchs d’affilé en Coupe d’Afrique (dernière défaite, en 2004…. contre l’Algérie, décidément…). Solide, efficace, elle a battu déjà deux Mondialistes (le Cameroun et le Nigeria sur le même score : 3-1) et s’apprête à remporter un troisième sacre africain.
Tout, dans ce type de rencontre, donne l’EN perdante. Les Verts doivent être conscients qu’ils ont tout à gagner, qu’il va falloir ôter aux Egyptiens leurs certitudes, jouer contre une équipe ultra motivée, qui rumine, depuis deux mois, son élimination et qui n’attendait qu’une chose, pouvoir prendre sa revanche.
Au-delà d’une simple rencontre, les Egyptiens jouent leur honneur. Si les Ivoiriens ont, sans doute, plus manqué de hargne que de talent, les Pharaons risquent de disposer à la fois de leur qualité technique mais aussi d’une motivation rare. Les Verts sont prévenus, cette rencontre aura sans doute une intensité encore plus forte que celle de Khartoum (et ce n’est pas peu dire), une équipe adverse encore plus motivée et à l’aise dans cette compétition.
Mais, c’est une finale qui se profile à l’horizon et ce Graal là est au moins aussi important que le ticket obtenu pour la Coupe du Monde. L’EN nous a déjà souvent surpris et, nul ne sait jusqu’ou cette équipe peut forcer son destin, habitée, comme elle l’est, par une foi et un état d’esprit de combattant forgé par le temps et les désillusions passées.
Rester dans le match, ne pas répondre aux provocations qu’il pourrait y avoir au vu de la tension, se concentrer sur son jeu, et surtout, conserver encore et toujours cette volonté collective, les Verts, en outsiders dans cette compétition, ont les moyens de gêner, une fois de plus, un géant africain.